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Agression homo et hétérosexuelle sur une fillette de 6 ans à Kaloum

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Unicef

Le viol sur mineur est légion ces derniers temps en République de Guinée. Une fillette de 6 ans s’est fait agresser à plusieurs reprises au Quartier Manquepas respectivement par une fille de 13 et un garçon de 15 ans. Elle a été admise au service de médecine légale du CHU Ignace Deen ce vendredi, 23 août 19. La victime a à maintes reprises été agressée par voies vaginale et anale. Pêcheur, son père passe toutes ses journées en haute mère et sa maman, vendeuse de riz s’occupe de son petit commerce. Le garçon qui  est le cousin de la fillette dormait à un moment donné avec elle chez leur grand-mère. Pour essayer de comprendre la situation de cette fillette mais aussi la recrudescence des cas de viol en République de Guinée, nous avons interrogé le Pr Hassan Bah, médecin légiste.

investpressgn.info : Pr Hassane Bah, expliquez-nous dans quelles circonstances vous avez reçu cette fillette ?

Pr Hassane Bah : La particularité de cette agression est qu’elle est à la fois homo et hétérosexuelle. Homosexuelle par ce qu’elle a été agressée à la fois par une fille qui a à peu près 13 ans; elle a procédé à des attouchements sexuels de façon récurrente sur la petite, ce qui a entrainé une défloration hymenale qui était tout à fait ancienne. Selon ce que nous avons vu à l’examen clinique notamment la béance du col, la largeur, nous nous sommes interrogés. Est-ce qu’un simple attouchement peut causer tout ceci ? Après donc un examen complet, on s’est rendu compte qu’il y avait une déchirure au niveau anal également.Nous avons compris que c’était une agression homo et hétérosexuelle sur une fillette de six ans. C’est des actes qui existent aujourd’hui malheureusement dans notre pays, des cas qu’on ne connaissait pas avant qui sont devenus des faits société récurrents.

investpressgn.info : Que risque cette petite après ce genre d’agressions ?

Pr Hassane Bah : Elle risque surtout des problèmes au niveau de la santé de la reproduction par ce qu’une fillette de son âge déflorée avec des lésions, cela l’expose forcément. Elle peut avoir des difficultés pendant son activité génitale surtout pendant les accouchements et quelquefois elle peut même avoir des problèmes d’infertilité. Elle peut aussi être affectée sur le plan psychologique. On a récemment eut un cas où une fille de 15 ans s’est suicidée, après on a su que son suicide était en rapport avec des agressions sexuelles répétées. C’est donc des enfants qui peuvent avoir des comportements suicidaires.

investpressgn.info : Quelles sont les statistiques au niveau de votre service à ce jour, Pr, vu la récurrence du phénomène et quels sont les tranches d’âge que vous recevez?

Pr Hassane Bah : En moyenne, sur une consultation de vingt (20) personnes par jour, toutes consultations confondues (femmes battues, victimes d’accidents et d’agressions sexuelles), nous avons 10 cas d’agressions sexuelles par jour. Malheureusement, près de 80% de ces personnes ont un âge inférieur à 10 ans. C’est un phénomène qui prend de l’ampleur dans notre pays. De janvier à maintenant, nous avons reçu près de 4000 victimes d’agressions sexuelles répertoriées dans nos livres de consultation ici et à Labé où nous avons également une unité. C’est énorme. Malheureusement, sur la plupart des cas il n’y a pas de suite judiciaire. En 2010, nous étions entre 10 et 15% d’agressions sexuelles, en 2017, on est monté à 20% et aujourd’hui on est à 30%. Nous estimons donc que la courbe est ascendante. D’aucuns diront que c’est par ce que de nos jours de plus en plus de personnes portent plainte mais nous en tant que médecins, nous pensons que ce phénomène est en train de prendre des proportions inquiétantes. D’autant plus que l’étude sur la corrélation des âges entre victimes et agresseurs démontre que c’est beaucoup plus des adultes de plus de 40 à 50 ans qui sont auteurs de ces agressions sur des enfants de moins de 10 ans. C’est une véritable perversion sexuelle.

investpressgn.info : Quelles explications peut-on apporter à cette récurrence des cas de viols dans notre pays?

Pr Hassane Bah : Entre autres on peut citer l’accès aux réseaux sociaux à tout le monde, toute sorte de vidéo y circule, la télévision qui n’est pas contrôlée par les parents qui laissent les enfants regarder n’importe quel programme, les téléphones portables dans lesquels il y a plein d’images que les enfants manipulent. De mon point de vu ce sont là des facteurs dont il faut tenir compte. Par ailleurs, il y a la démission parentale, les enfants ne sont plus encadrés. Soit ils vivent avec leurs grand-mères ou bien c’est une maman qui laisse son enfant pour aller au marché. Il y a aussi et surtout le fait que les décisions de justice n’aboutissent pas ou ne sont pas appliquées. Nous avons fait une étude au niveau de la médecine légale ici, on s’est rendu compte que c’est moins de 10 % des auteurs d’agressions sexuelles qui sont jugés, les 90% sont libérés soit par arrangement à l’amiable, désistement et tout ce que vous pouvez imaginer alors que normalement quand il y a une action pénale, il ne doit pas y avoir de désistement.

investpressgn.info : Que doit-on faire à votre avis pour freiner ce phénomène ?

Pr Hassane Bah : Il faut agir à tous les niveaux, interpeler les familles, qu’elles sachent que le viol n’est pas un vain mot, c’est une réalité. Il faut qu’ils se disent que les enfants peuvent être agressés à l’école, sur le chemin de l’école, ils peuvent être agressés par un voisin, par un répétiteur qui vient à la maison et par conséquent, il faut surveiller le comportement des enfants, voir quels films ils regardent. Enfin, il faut appliquer la loi par ce qu’il y a des dispositions du code pénale qui disent que le viol est un crime. A partir du moment où c’est un crime, la sanction pénale qui correspond à un crime doit être appliquée aux agresseurs sexuels. Si vous voyez qu’on ne gère que la récurrence, c’est par ce qu’une personne peut agresser une fois, deux fois et c’est souvent les mêmes personnes par ce qu’elles ne sont pas punies. Il ne faut surtout pas oublier que ces filles sont exposées à des maladies infectieuses, bactériennes sans oublier le VIH. Il faut donc prendre tout cela au sérieux surtout que les enfants sont les plus exposés.

 

 

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